FRIVAO : le procès à 325 millions de dollars rebondit, les plaidoiries renvoyées au 19 août.

Le procès relatif au présumé détournement des fonds du Fonds de réparation et d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda en République démocratique du Congo (FRIVAO) connaîtra un nouveau report. Réunie ce mercredi 5 août 2026, la Cour de cassation a renvoyé au 19 août prochain l’audience consacrée aux plaidoiries, en raison de l’absence de l’un des magistrats composant la juridiction. Le président de la composition a expliqué que cette absence empêchait la Cour de siéger dans les conditions prévues par la loi, malgré la présence de plusieurs parties engagées dans la procédure.
Lors de cette audience, l’ancien ministre de la Justice, Constant Mutamba, poursuivi dans cette affaire, ne s’est une nouvelle fois pas présenté devant la juridiction. Son coaccusé, Chançard Bolukola, ancien responsable du FRIVAO, a en revanche comparu, assisté de ses avocats. L’ancien président du conseil d’administration du FRIVAO, Bernard Kalombola Lisendja, détenu à la prison centrale de Makala, était également présent après s’être constitué partie civile. L’État congolais participe également au procès en qualité de partie civile, représenté par son collectif d’avocats.
Ce renvoi intervient quelques jours après la clôture de l’instruction, prononcée lors de l’audience du 31 juillet 2026. À cette occasion, la Cour avait poursuivi l’examen du dossier en l’absence de Constant Mutamba, concentrant les débats sur les explications fournies par Chançard Bolukola. L’affaire porte principalement sur la gestion des 325 millions de dollars américains versés à la République démocratique du Congo par l’Ouganda en exécution d’un arrêt de la Cour internationale de Justice, destiné à indemniser les victimes des activités illicites de l’armée ougandaise sur le territoire congolais.
Le ministère public conteste plusieurs opérations financières réalisées dans le cadre de cette gestion. Parmi elles figurent notamment un décaissement de 14 millions de dollars en faveur d’une société privée chargée de la réhabilitation d’une centrale hydroélectrique ainsi qu’un financement de 4 millions de dollars accordé au zoo de Kisangani, alors que celui-ci n’avait sollicité qu’environ 700 000 dollars. Face à ces accusations, Chançard Bolukola a rejeté toute implication personnelle. Il a affirmé avoir exécuté les décisions du conseil d’administration et les orientations de son autorité de tutelle. Il a également déclaré n’avoir jamais perçu de salaire durant son mandat, indiquant s’être limité à des primes, qu’il présente comme un signe de sa volonté de respecter les principes de bonne gouvernance.
De son côté, Constant Mutamba est notamment poursuivi pour des décaissements jugés irréguliers, parmi lesquels un paiement de 14,3 millions de dollars en faveur de la société Congo Energy. Lors de sa première comparution, le 13 juillet 2026, l’ancien garde des Sceaux avait contesté la régularité de la procédure, soutenant qu’il n’avait reçu aucune citation conforme et qu’il n’avait pas eu accès au dossier avant sa comparution. Cette affaire intervient dans un contexte judiciaire déjà marqué par une précédente condamnation de Constant Mutamba. Le 2 septembre 2025, la Cour de cassation l’avait condamné à trois ans de travaux forcés pour détournement de fonds destinés à la construction d’une prison à Kisangani.
La juridiction lui avait également retiré, pour une période de cinq ans, ses droits de vote et d’éligibilité, prononcé son exclusion de toute fonction publique et ordonné le remboursement de 19 millions de dollars américains. Selon les éléments retenus dans cette procédure, ces fonds présentaient également des liens avec la gestion du FRIVAO.
La rédaction



